• Il n'y a plus d'amour...

     

     

    Pour finir cette année, j'ai décidé d'aller me promener...

     

    31 décembre 2018. 17h. 

     

    Je décide d'aller faire un tour. De prendre une balade dans la ville qui, cette année, a tenu toutes mes promesses entre ses mains. Et je prends les rues au hasard, espérant ne pas retomber sur un itinéraire que j'ai déjà fait, pour ne pas me heurter. Pour ne pas me blesser.

     

    Je n'ai qu'une chose en tête : me réfugier là où tout a vraiment commencé, là où je suis allé le jour où je suis tombé amoureux de cette ville et où j'ai décidé que je pouvais lui faire confiance. Le jour où je me suis autorisé à croire qu'elle pouvait me donner ce que je cherchais, qu'elle pourrait m'offrir mon nouveau départ. La lumière y est belle. L'endroit est désert, comme d'habitude, et je retrouve le calme et la sérénité que j'ai tant cherchés.

     

    Je déambule dans les rues, au rythme d'un «pur son» brésilien, reformant les souvenirs au fil des pas. Mes bottines claquent sur le pavé et l'air froid me glace le bout du nez. J'avance, la tête ailleurs, le cerveau qui tourne, dans un état de confusion brouillard. Peu à peu, des sentiments émergent. Et à tous les coins de rue, sur tous les murs, à tous les détours une chose revient sans cesse, un visage, une voix, ton corps près de moi. Et je déteste les souvenirs que j'ai créés dans cette ville avec toi.

    Parce qu'elle est tellement petite que dès que je passe ma porte je vois ton empreinte, je suis envahi et harcelé d'un fantôme de toi qui arpente ces rues, de ton émerveillement devant l'architecture, de toi chancelant et chantant Creep dans la rue.

     

    Je vois tous les endroits que tu m'as conseillé, où je ne suis jamais allé mais qui sont sûrement mes futurs points d'ancrage. Les seuls endroits où je trouverai du réconfort quand tu ne seras plus là car ils me rappelleront ta personne, des choses auxquelles je m'accrocherai désespérément quand je me serai déjà juré que cette fois, je t'oublie, et c'est pour de bon !

     

    Je déteste tout, et j'en veux à cette ville pourrie de me crier ton nom, de me hurler à la figure que cette fois je marche seul et que tout ce que je vois, tout ce que je pense, c'est dans ma tête. Que tu n'es pas là, et pour toutes les autres personnes qui sont jamais passées, qui passent et qui passeront par ici, tu ne seras jamais debout dans cette fontaine, assis à cheval sur la tête de cet éléphant, ou tout nu dans un foutu arbre. Tu ne consumes pas une cigarette à la menthe avec nonchalance, les yeux embués, le sourire en coin, les pores transpercés de nostalgie. Pour eux, tu n'es rien. Tu n'existes même pas…

     

    Je passe une heure à faire le tour, à m'asseoir sur des bancs, à contempler une vue que je connais par cœur, à faire des détours en sachant exactement où tous les chemins peuvent me mener. Et je me sens prisonnier, étouffé par les cloches de l'église tout à coup, et le bruit des voitures ; agressé par les cris de cette homme ivre qui va se mettre «à oil-pé» car c'est le nouvel an. Comme si, sur toutes les possibilités de me retrouver exactement au même endroit que ce vieillard au même moment, la ville avait comploté pour me mettre là exprès. Juste pour me gâcher ma balade. Juste pour que je presse le pas vers mon immeuble alors que je ne veux pas rentrer.

     

    Mais finalement, je rentre. La tête encore plus pleine, mes pensées recyclées mais toujours aussi toxiques, prenantes, étouffantes ! Et je ne sais pas où commencer pour écrire que cette ville, je l'aime autant que je la hais.

     

     


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    Remember me

     

    Remember the night,

    remember the lights.

    Remember the words

    whispered into the void

     

    the music, time freezes –

    the spinning, slow dancing…

    Remember me.

     

    Your hands the only ones

    that know how my body wants

    to be touched,

     

    Your skin the only thing

    i didn't know i needed

    to feel

     

    Your voice, the only sound

    getting to my heart

    straight from my ears

     

    When you say you love

    how I kiss and how I feel

    how I move and how it is

    sweet.

     

    Remember it.

    All of it.

    The where and when

    the what and how

    Just you and me.

     

    Please,

    when you're the only thing I can think of

    to relieve me, sooth my spirits

     

    Remember me.

     

     


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  • Liar

     

    Illustration par moi-même

     

    Petit texte pour Halloween, dans l'esprit... 

     

     

     


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    En face, l'appartement

    Edward Hopper, "Night Windows", 1928.

     

    Le récit d'un homme qui se plaît à observer ses voisins... 

     

     


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  • M.

    M.

    RIP Marion, tu seras toujours dans nos cœurs. On t'aime, à jamais.

     

     

     

    Tu étais cette petite fourmi. Rebelle, toujours en quête de nouveauté, d'exaltation et de petites joies dans l'inconnu.

     

    Le labyrinthe de tes pensées n'avait d'égal que la profondeur de ton regard. Tes petits yeux, malicieux, pétillants, qui s'étiraient en petites fentes lumineuses quand tu souriais, étaient comme deux étoiles dont l'éclat masquait l'obscurité qui se cachait, te consumait, vicieuse et affamée.

    Mais ta vitalité, cette petite flamme que tu emportais toujours avec toi, dévastait tout sur son passage ! Elle t'éclairait d'une aura blanche comme la neige, éclatante comme le givre sous le soleil brûlant de début de printemps.

     

    Tu nous chamboulais le cœur, tu trimbalais ta sonde l'air de rien, on pansait tes vilaines plaies comme on pouvait.

    Ça n'a pas été assez pour te garder sur terre, mais tu es toujours en vie. Tu brilles ! Et dans mes rêves, petite luciole, tu ris !

    Toutes mes clopes sont comme les tiennes, comme si tu braquais encore chacune d'elle à la sortie du self.

    Et ma combi jaune, cette chemise bleue et mon binder, ils ne m'appartiennent plus. Ils sont un souvenir de ton style que j'emprunte à ma garde-robe par mémoire, par souvenir de toi.

    Et que je range précieusement quand je sens que tu me regardes, que tu m'accompagnes sans que je te voie.

    Tu étais un soleil, un vrai tournesol de l'enfer, j'te jure ! Tes Docs n'ont pas seulement marqué les murs de notre prison dorée, elles ont aussi imprimé au fer rouge sur mon cœur ton nom. Et il y restera toujours. À jamais. Peu importe où je suis, où tu vas. Tu es toujours là, et je ne te laisserai jamais t'envoler.

     

    Lorsque la petite fourmi est partie, elle ne se doutait pas que toute la fourmilière s'effondrerait. Elle ne se doutait pas que toutes ses sœurs en construirait une autre, nomade, dont elle serait la Renne et qui l'entourerait d'amour à chacun de ses voyages… Ses si lointains voyages…

     

    M.

     

     


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